Discours de
S.E.M. l’ Ambassadeur AHMED ARAITA ALI
à l’occasion de la fête de la Francophonie
le 20 mars 2009 à Kobé
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En ce jour anniversaire de la  famille francophone j’ai l’honneur de vous transmettre à vous tous et à tous les francophones de par le monde, les sincères et fraternelles salutations du Président de la République de Djibouti, son S.E.M. Ismaïl Omar Guelleh qui souhaite je cite « que les membres de la familles francophone , cimentée par des liens et des valeurs communes militent solidairement et collectivement pour l’avènement d’un nouvel ordre mondial basé sur le respect des droits humaines et le développement socio-économique des Nations ». J’ai m’associe naturellement à ces vœux présidentiels éminemment pertinents en ce temps de crise  globalisée où la famille francophone aussi scrute l’horizon et cherche à se projeter dans un avenir meilleur.

Mesdames et Messieurs, je reviendrai sur cet aspect des choses mais si vous le permettez je voudrais auparavant me permettre une petite digression sur la chronogenèse de notre famille. Ceci dans le but  de bien illustrer les avatars et les métamorphoses qui font que la francophonie, aujourd’hui plus que jamais, cristallise  les espoirs de plusieurs Nations et de plusieurs centaines de millions d’hommes et des femmes à travers notre globe.

C’est pourquoi je vous invite à saisir la grande histoire de la francophonie depuis sa genèse jusqu’à aujourd’hui, sous la forme d’une aventure humaine, faite de péripéties et d’obstacles. Mais également sous la forme d’une aventure humaine faite d’audace et de sang froid.

Comme vous le savez, le terme de la francophonie est un néologisme inventé au XIX, en 1880 précisément, par un géographe. Et l’histoire a plus retenu  l’invention  de géographe que son nom.

Preuve que l’invention était plus qu’un simple outil où une simple idéologie au service de son maître. Et c’est précisément pourquoi, si à l’origine la francophonie   désignait une manière de comptabiliser les conquêtes et l’expansion coloniale à l’aide de l’outil linguistique, elle a vite fait de s’émanciper et de s’imposer comme une conscience collective, intégrant dans un même mouvement toutes les Nations ayant en partage l’usage du Français.

Voilà pourquoi, historiquement, la Francophonie au sens où nous l’entendons épouse les contours géographiques de la décolonisation et devient un paradigme d’association des Nations libres et souveraines.

Mesdames, Messieurs, vous le savez comme moi, la conscience francophone n’a pas été décrétée avec la signature de Niamey en 1970. Bien sûr loin de moi l’idée de minimiser ce grand moment qui date l’acte de naissance de la francophonie par l’intermédiaire de l’agence de coopération culturelle et technique.

Je voudrai cependant vous faire remarquer que la conscience collective francophone, c’est-à-dire l’idée d’appartenance à un espace linguistique homogène est bien antérieure à cette signature. La création de l’Association Internationale des Journalistes Francophones en 1952, celle de l’Association des Universitaires des pays francophone en 1961 ou encore la mise en place de la Fédération des professeurs de français en 1963. Voilà quelques repères qui prouvent que le sentiment d’appartenance à un espace et à une famille était une impulsion qui venait de la base, c’est-à-dire des citoyens de différents Nations.

Mesdames et Messieurs, l’Actuel Secrétaire Général  de l’OIF S.E.M. Abdou Diouf a raison d’exhorter les citoyens du monde à oser et à revendiquer leur appartenance francophone. En effet, c’est parce que des citoyens pionniers en d’autres temps ont osé et revendiqué cette appartenance qu’aujourd’hui l’aventure francophone se poursuit et s’intensifie.

Comment comprendre aujourd’hui l’engouement que suscite l’adhésion à la famille francophone ? Certes,  cet engouement peut sembler parodoxal si on choisit comme grille de lecture la concurrence linguistique.

Car à l’ère de la mondialisation, la primauté de l’anglais, sur les autres langues sonne comme une évidence acquise.

Néanmoins la famille francophone de par le monde couvre aujourd’hui un espace géographique considérable. Si au début de l’aventure il y avait que 21 Etats aujourd’hui on recense 70 Etats membre de notre famille. J’observe au passage que le citoyens japonais eux aussi sont subjuguées par le charme de la langue française. Et je me réjouis de constater qu’il y a plus de  200 milles citoyens japonais qui partage avec nous l’usage des français !

Mesdames, Messieurs, nul doute qu’en cette époque où la mondialisation pousse à l’uniformité, notamment linguistique par l’usage de l’anglais, l’usage de français se dresse non comme un rempart mais comme une des alternatives pour repousser le drame de l’uniformisation qui guette notre monde et qui menace nos cultures.

La francophonie, plus que jamais, est du coté du dialogue des cultures. En cela l’OIF et toutes les nations francophones rejette l’idéologie des Choc de cultures ou des civilisations qui pense que la mondialisation sera nécessairement synonyme de l’uniformité culturelle ou civilisationnelle.

Mesdames, Messieurs,

La francophonie, l’usage de français, c’est-à-dire l’usage de la langue de voltaire invite à la tolérance, à la cœxistence et à l’enrichissement mutuel des cultures. C’est d’ailleurs cet état d’esprit qui a prévalu dans la famille francophone lorsqu’il a fallu signer la convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle.

Je voudrais user d’une comparaison pour mettre en relief cette idée de diversité culturelle et surtout ce que cela représente pour nous francophones. En effet la diversité culturelle représente pour l’avenir des Nations ce que la biodiversité représente pour la défense de l’Environnement.

C’est pourquoi la préservation de la diversité culturelle est vitale aux yeux  de la famille francophone.

D’ailleurs si le Secrétaire Général de l’OIF, S.E.M Abdou Diouf a décidé de célébrer cette journée de la francophonie à Beyrouth c’est pour témoigner de l’importance que la francophonie accorde à l’expression de la diversité culturelle, source de tolérance et de paix dans le monde.

Mesdames, Messieurs, j’ai la faiblesse de croire que la francophonie, pour un « petit pays » comme le mien, mais également pour l’Afrique et au delà pour le monde est en même temps un renfort identitaire et un creuset des valeurs universelles. En effet, l’identité francophone se construit avec le respect des identités autochtones notamment en favorisant la promotion de la diversité linguistique  et culturelle des Nations.

C’est cette richesse identitaire qui permet aux nations de trouver le chemin du développement durable balisé par le respect des Droits de l’Homme et la bonne gouvernance.